Ma pratique de la photographie s’inscrit comme une extension de mon regard, un troisième œil, parfois même le premier, celui qui capte avant moi ce que je ressens. Je ne cherche pas à produire du beau au sens traditionnel, mais à figer une perception : un fragment de réel transformé par le cadrage, le zoom, les inversions, les altérations de lumière et de colorimétrie. Chaque image devient un exercice de perspective, une tentative de révéler ce qui échappe au regard immédiat. C’est cette posture d’expérimentation qui a posé les bases de Zew, un projet né de l’image mais étendu depuis à d’autres médiums. La photographie est pour moi un laboratoire du sensible : j’y teste, je modifie, je déplace le point de vue à partir d’une seule réalité. Les “ratés” y ont également une place, car c’est là que se trame l’envers du décor, que surgit le mouvement brut, la texture d’un processus en cours. Mon univers visuel se construit autour des jeux de lumière — pour leur capacité à tracer des espaces sans murs, révéler la poésie d’un lieu sans décor — et des zones floues ou d’ombre, qui capturent le passage, l’imperceptible, l’éphémère. À travers la photo, je compose plus que je ne capture : j’installe, je déconstruis, je reconstruis. J’expérimente, je prends le risque de l’erreur pour la sublimer. C’est un geste fondamental dans mon travail global, car il m’aide à comprendre ce qui mérite mon attention, à recadrer le réel pour qu’il parle autrement.
2022-2025
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